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L’ensemble des vins de la cuverie subit cette seconde fermentation. C’est une transformation par voie bactérienne de l’acide malique du vin en acide lactique, avec un léger dégagement de gaz carbonique. Autrefois, cette fermentation se produisait au printemps, au réveil des températures plus clémentes. Maintenant, on procède à des ensemencements bactériens, des bactéries lyophilisées d’Oenofrance, dès la fin de la fermentation alcoolique, avec un maintien de la température minimale de 18 à 20°C. Cette fermentation donne au vin moins d’acidité, plus de souplesse, des arômes affinés et assure une plus grande stabilité dans le temps. D’ici une semaine, nous ouvrirons les portes de la cuverie, les vins reviendront alors à la température extérieure. Le second soutirage sera ensuite à l’ordre du jour. Une analyse et une dégustation ponctueront cette étape et nous permettront d’apprécier les qualités de notre futur millésime.. à suivre.

A cette période de l’année, après les vendanges, nous passons dans chaque vigne identifier les ceps de vigne présentant des symptômes liés à la présence de maladies du bois (appelées également esca et Black Dead Arm). Ces maladies sont liées à la présence dans le bois de plusieurs champignons. Elles sont reconnaissables grâce à des décolorations inter- nervaires sur feuilles ou bien un dessèchement brutal des ceps. Elles sont plus ou moins longues à s’exprimer mais l’issue finale est la mort du cep.
Aucune lutte chimique n’existe actuellement (autrefois, un fongicide était efficace et homologué mais celui-ci n’est plus autorisé car beaucoup trop dangereux, ce produit n’a par ailleurs jamais été appliqué sur notre exploitation). Seule une lutte préventive permet de limiter la progression de ces maladies anciennes mais encore mal appréhendées. De nombreux travaux scientifiques sont en cours afin de mieux connaître les champignons responsables et de proposer à terme des solutions permettant une moindre expression au vignoble.
En attendant, nous continuons toujours à arracher les ceps malades chaque année, pour les brûler immédiatement. Lors des travaux de taille, les sarments de l’année sont laissés au sol et broyés mais les charpentes susceptibles d’être contaminées sont enlevées des parcelles avant d’être brûlées. Ainsi, nous limitons autant que possible la progression de ces maladies. Depuis plus de 20 ans que ce travail est réalisé de manière annuelle, nous n’avons relevé aucune progression de ces maladies au sein de notre vignoble, les ceps touchés ne représentent au plus que 1 % des ceps. Aussi, persuadés du bienfait de cette mesure préventive, nous poursuivons sans relâche cette action, dommage que les viticulteurs de notre village n’en soient pas tous convaincus et que cette stratégie préventive ne soit pas appliquée par tous...

Cette semaine, retour au vignoble... Il faut penser à l’entretien des sols. Inscrit dans une stratégie globale de moindre utilisation d’herbicides, l’enherbement hivernal présente bien d’autres avantages. Certains "anciens" vignerons sont surpris, habitués qu’ils étaient de traquer la moindre plante entre les ceps...Mais il est impératif maintenant de limiter autant que possible les applications d’herbicides pour préserver notre terroir et le transmettre en bon état à nos enfants...
En quoi consiste cette technique ? Il s’agit de semer entre les rangs de vigne une céréale (blé, orge, seigle,...) voire une crucifère (colza fourrager,...) afin d’obtenir un couvert végétal en période hivernale. Au printemps suivant, il sera entretenu le plus tard possible avec des tontes successives. Mais ce couvert ne sera plus vraiment fonctionnel à la reprise végétative de la vigne.
Quels sont les avantages ? Elle permet de lutter contre l’érosion, d’améliorer la structure du sol et par conséquent de favoriser la vie microbienne du sol afin d’optimiser les éléments assimilables par la vigne. Elle permet de diminuer le ruissellement d’où une moindre érosion en hiver et de piéger les éléments fertilisants tels que les nitrates. De plus, d’un point de vue visuel, c’est verdoyant en hiver.
Sur notre vignoble, cela fait maintenant deux ans que nous mettons en oeuvre cette technique. L’année passée nous avions rencontré des problèmes de germination car la pluie ne s’était pas manifestée au bon moment. De plus le semis avait été réalisé à même le sol sans griffage d’où des pertes liées probablement à certains animaux venus manger les graines (limaces, gibiers, oiseaux...). Cette année, un griffage superficiel du sol est réalisé avant le semis et le couple humidité - douceur est au rendez-vous. La levée devrait donc être satisfaisante. Cette stratégie est mise en oeuvre en priorité sur les parcelles en coteau situées à Passy-Grigny et à Cerseuil.

Après une période intensive de 10 jours, la champagne se vide de ses vendangeurs... Quant à nous, nous pouvons enfin reprendre la plume... Les vendanges se sont terminées au cours des derniers jours de septembre, nos derniers "hommes" chargés de l’encadrement sont partis le 1er octobre avec plein de souvenirs dans la tête. Entre parenthèse, heureusement qu’ils sont là (Yves, José, Aurélien, Raymond et la petite dernière Pamela), toujours fidèles (pour certains cela fait presque 20 ans !). Ils nous aident au quotidien et sont pour nous indispensables au bon déroulement de ces vendanges. Nous sommes satisfaits, la pluie n’a pas perturbé la cueillette, elle ne s’est montrée qu’en soirée ou en cours de nuit. Du coup, les grands imperméables verts et autres bottes se sont montrés très discrets au vignoble cette année. Le rendement autorisé a été atteint et ce, malgré des dégâts de grêle sur notre vignoble de Cerseuil. Les degrés sont bons, ils oscillent entre 9°5 et 10°5, l’état sanitaire est resté satisfaisant jusq’à la fin, tout cela est de bon augure pour la suite. On pense déjà à un millésime 2006...même s’il est encore un peu tôt pour le dire.
Alors que le vignoble se pare de couleurs automnales, l’activité quitte le vignoble et l’heure est maintenant au nettoyage (caisses, paniers, cuves, habits de pluie, locaux d’accueil...) et au rangement.

Dans la cuverie, les crépitements trahissent la transformation des sucres en alcool, c’est la fermentation alcoolique. Elle devrait durer environ 8 jours. Aussi, les premières cuves seront bonnes à soutirer (séparation des vins des lies) dès le 6 octobre. Des analyses menées après fermentation nous donnerons les premières indications sur le profil de nos futurs vins.

Quelques moûts ont été placés en barriques lors de cette récolte comme depuis 2001, chaque cépage est bien identifié et séparé des autres. L’originalité réside dans le fait que la fermentation alcoolique puis l’élevage du vin sont réalisés intégralement sous fûts, il ne s’agit pas d’un simple vieillissement en barrique. Cette étape apporte rondeur et complexité à ces vins. Sur notre exploitation, ils servent à élaborer la cuvée Prestige.