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Enfin ! pourrait-on dire...la nouvelle (ou plutôt la première vraie !) plaquette présentant l’intégralité de notre gamme de Champagnes est enfin disponible sur simple demande. Elle sera par ailleurs envoyée par courrier à une grande majorité de notre clientèle au cours du dernier trimestre 2007. Après plusieurs mois de travail émaillés de nombreuses corrections, nous disposons maintenant d’un véritable outil de communication présentant nos cuvées avec leurs spécificités. Cela permettra, à chaque acheteur, de choisir en toute objectivité le produit adapté à la circonstance ou au mets. Nous avons également souhaité communiquer pleinement sur nos convictions et nos pratiques. Les tarifs n’y figurent pas, une feuilles annexe sera jointe à cette plaquette qui pourra ainsi rester d’actualité plus longtemps. La cuvée "Blanc de blancs" y est présentée même si celle-ci ne vous sera proposée que dans quelques mois.
Pendant ce temps, le vignoble est copieusement arrosé depuis presque une semaine et les températures font plus penser à l’automne qu’à l’été. Et les prévisions à court terme ne sont guère optimistes...Les grappes se ferment laborieusement d’autant que certaines parcelles semblent affectées par le millerandage (grains de petite taille). C’est le moment de placer au niveau des grappes un deuxième et probablement dernier traitement visant la pourriture grise ainsi qu’un insecticide strictement préventif (le seul de l’année !) actif sur les oeufs de tordeuses de la grappe afin d’éviter toute blessure au niveau des baies. Ce traitement n’est pas réalisé au hasard, des observations réalisées au vignoble montrent que les papillons sont bien là et qu’ils commencent à pondre. Aussi, il convient de placer cet insecticide spécifique des lépidoptères juste au début de l’activité de ponte afin que le produit soit en place sur les grappes lorsque les oeufs sont déposés par les femelles...
Points positifs des ces fortes pluies répétées de juin : Elles ont été plutôt défavorables à l’oïdium, la protection visant cette maladie va pouvoir être définitivement arrêtée. Les parcelles enherbées n’ont pas, jusqu’à maintenant, souffert de concurrence hydrique avec l’herbe implantée.
15-16 juin 2007, la fin du palissage est là au bout de deux semaines et demi, les occasionnels sont partis et les oisillons ont grandi et ont quitté le nid douillet... En année normale, le palissage est terminé entre le 5 et le 10 juillet... Aussi, c’est le soulagement car de nombreux travaux se superposaient et l’organisation était complexe. Même si le travail est toujours d’actualité nous avons retrouvé une certaine sérénité quant à la gestion de tous les autres travaux (rognages, traitements, ventes, taches administratives...) car nous n’avons plus la gestion de l’encadrement d’une équipe d’occasionnels qui requiert une grande énergie et rend plus complexe l’organisation du travail. Isabelle a retrouvé la cave et s’active à habiller des bouteilles destinées à être vendues dans les prochains mois. Xavier aux commandes de son enjambeur rogne les hauts de végétation alors que le salarié et l’apprentie commencent à couper avec une cisaille à mains les brins qui repoussent à l’intérieur des rangs de vigne ceci afin d’éviter un entassement de végétation et par conséquent un surcroît d’humidité préjudiciable à la qualité des raisins. Pour mener à bien ce travail, il est recommandé d’avoir de bons gestes et surtout des bras costauds pour limiter les soucis de tendinite... Ce travail va désormais nous occuper pour le mois à venir.
Quant à la vigne, elle poursuit son cycle avec toujours trois semaines d’avance, les grains sont formés et grossissent, ils ont maintenant la taille d’un pois, la grappe s’infléchit vers le bas. Toutefois, la floraison étalée de 2007 est responsable d’une grande hétérogénéité au sein même d’une seule parcelle. Les grains vont de taille d’un plomb à un gros pois. La grande fraîcheur qui a accompagné la floraison de la vigne a entraîné en certaines parcelles de pinot noir une coulure, des grains formés sont en train de tomber depuis 4-5 jours et il reste donc moins de grains sur la rafle. La conséquence de ce phénomène est un poids de grappe moindre et par conséquent un rendement inférieur à celui escompté. La coulure ne semble pas affecter pour le moment les meuniers et les chardonnays de l’exploitation. Une estimation plus précise de ce phénomène sera réalisée dans les prochaines semaines.
Du côté du ciel, c’est toujours teinté orages. Le ciel n’a pas épargné le vignoble (et nos nerfs !...) puisque depuis le 24 mai, ce n’est qu’une succession d’orages. De plus, nous devons jouer avec des prévisions météorologiques de plus en plus aléatoires. C’est la chasse au site internet le plus fiable en terme de prévisions à court et moyen termes et pour l’instant il n’y a encore aucun élu ! Alors que c’est essentiel pour nous qui raisonnons et adaptons la protection aux risques. Du fait de ces fortes précipitations répétées et comme redouté, le mildiou a pointé le bout de son nez au vignoble. Les traitements préventifs ont été adaptés aux risques et resserrés afin de maintenir un bon état sanitaire des vignes, cela semble être actuellement satisfaisant. Une période anti cyclonique serait la bienvenue pour calmer l’ardeur du champignon responsable de cette maladie...afin de pousser un petit ouf et de nous permettre d’allonger la période entre deux traitements.
Depuis 3 jours le soleil a fait son grand retour et les températures avoisinent les valeurs de saison, nous avons enfin laissé tomber nos pulls et opter pour l’inévitable casquette ! Le temps frais de la dernière semaine a eu pour conséquence de ralentir la floraison et la pousse de la vigne. La fleur se termine dans nos vignes les plus tardives alors que le stade nouaison (formation des jeunes baies) est effective sur les chardonnays et pinots hâtifs. Dans la plupart des parcelles, on note une grande hétérogénéité. Il faut attendre encore un peu pour estimer si des phénomènes de coulure (chute de jeunes grains) ou millerandage (baies de très petite taille) ont eu lieu suite aux températures fraîches de la dernière semaine.
Chacun à son poste. Xavier manipule avec précision son enjambeur pour rogner les pampres les plus grands et s’affaire à la réalisation du premier fongicide préventif contre la pourriture grise en localisant le produit sur les grappes (système de pulvérisation pneumatique Berthoud où le produit est porté par un flux d’air), ce premier passage en fin floraison est déterminant dans l’efficacité finale de la stratégie préventive visant la pourriture grise, aussi il faut le réaliser au bon moment et soigner l’application pour placer un maximum de produit sur les grappes.
Isabelle, quant à elle, se charge d’accueillir 4 occasionnels supplémentaires pour débuter le palissage au vignoble. Cette étape est essentielle pour la qualité de la vendange car elle permet en triant les pampres de ne pas blesser les futures grappes et de leur laisser l’espace nécessaire à leur développement. Toute la végétation est ainsi minutieusement démêlée, chaque pied de vigne est séparé du suivant par une agrafe placée sur les deux fils de fer relevés au niveau le plus haut sur les piquets. Ces travaux vont nous occuper pendant deux bonnes semaines. Il est toujours délicat de trouver de la main d’oeuvre locale pour effectuer ces travaux souvent pénibles, heureusement les étudiants se portent souvent volontaires, c’est encore le cas cette année. Le vignoble fait donc en ce moment l’objet de beaucoup d’attentions, en terme de personnel c’est le deuxième poste après la vendange bien évidemment. Autant dire que cela « grouille » de camionnettes pleines de personnes à chaque carrefour.
Au détour d’un cep, nous nous sommes même rendus compte que nous étions loin d’être les seuls à vivre au vignoble en ce moment, de très jeunes oiseaux découvraient ces lieux, douillettement installés dans un nid. Dans une autre parcelle, le nid n’attendait plus que ses hôtes. Encore un signe peut être de nos actions pour un meilleur respect de notre terroir et de nos vignes...