Champagne Thevenet-Delouvin

Notre maison

Le fractionnement des jus est particulier, deux cuvées sont extraites pour une meilleure sélection des jus afin de proposer des assemblages différents mais de caractère. De même, nous raisonnons les traitements pré-fermentaires afin de laisser s’exprimer pleinement les caractéristiques de chaque terroir. Cette pratique requiert une sélection parcellaire rigoureuse. Pour vinifier ces volumes parfois restreints, nous avons aménagé récemment une nouvelle cuverie équipée en cuves inox de petites capacités ainsi nous pouvons séparer les jus à l’échelle parcellaire voire de lieux-dits. Certains moûts de première cuvée sont élevés en fûts de chêne afin d’améliorer encore la diversité de nos champagnes.

Elaborer et vendre ses Champagnes : une tradition de père en fils ou ...en fille !

La famille Thevenet

Face à un négoce peu enclin à acheter les raisins, le grand-père de Xavier, Adrien Thévenet fut un des premiers à commercialiser son champagne sur la commune de Passy-Grigny puisque les premières ventes du champagne Adrien Thévenet sont signalées juste avant le début de la deuxième guerre mondiale (avant 1939). A cette époque, il fallait oser car l’agriculture était plus rentable que la viticulture. Aussi, le plus souvent les exploitations étaient mixtes, les familles cultivaient des céréales et exploitaient une petite surface de vignes. Adrien Thévenet avait également son propre pressoir mais n’assurait pas de prestation de pressurage auprès d’autres viticulteurs. Ces derniers ont pour la plupart adhéré à la coopérative du village qui a pris un véritable essor à partir de 1950. Les surfaces exploitées par la famille Thévenet ont progressé au cours des années 1960-1970.

Après une division de la propriété initiale liée à une succession de famille, Lucien et son épouse Michèle, ont réussi à redynamiser la structure avec l’achat de nouvelles terres à vigne ou de nouvelles parcelles. Ils ont également renouvelé le poste pressurage avec l’installation d’un nouveau pressoir plus adapté au volume de récolte. La commercialisation a naturellement suivi le dynamisme de la filière pour atteindre à la veille de l’an 2000, 15 000 bouteilles vendues à l’année. Xavier installé en 1989, a repris dès cette date les commandes de l’activité pressurage et vinification afin de les moderniser et a largement contribué à la progression des ventes de la marque Lucien Thévenet avant de se consacrer à sa propre marque. Ses parents possédant des bâtiments agricoles jouxtant leur habitation privée sur la commune de Passy-Grigny, c’est tout naturellement que Xavier y a installé son unité de pressurage, sa cuverie et son activité remuage. Maintenant à la retraite, vous pouvez néanmoins toujours rencontrer Lucien et Michèle sur l’exploitation...

La famille Delouvin

Du côté d’Isabelle, il faut remonter 5 générations pour trouver les premiers vignerons (ceux qui cultivaient la vigne) sur le terroir de Cerseuil, petit hameau de la commune de Mareuil-le-Port perché sur une colline regardant la Marne couler dans la vallée. Puis après la seconde guerre mondiale, aidés par des échanges en pleine croissance entre les pays et une meilleure rentabilité pour les champenois, les viticulteurs se sont mis à vendre leurs propres produits.

Etiquette Delouvin-Courty (le premier nom étant celui du grand-père André et le second celui de la grand-mère Juliette, cette présence des deux noms est une manière de reconnaître l'implication de l'épouse sur l'exploitation et valoriser un deuxième terroir)
Etiquette Delouvin-Courty (le premier nom étant celui du grand-père André et le second celui de la grand-mère Juliette, cette présence des deux noms est une manière de reconnaître l’implication de l’épouse sur l’exploitation et valoriser un deuxième terroir)

Ainsi, les grands-parents d’Isabelle qui ont exploité jusqu’à 3 ha de vignes ont également commercialisé leurs propres champagnes (jusqu’à 15000 bouteilles par an) sous la marque Delouvin-Courty. La famille Courty était native d’un autre cru de Champagne, petit village situé aux portes sud d’Epernay ; Grauves. Le père d’Isabelle exploite d’ailleurs encore aujourd’hui un vignoble sur ce terroir. Le grand-père souhaitant innover et dynamiser sa production a quitté la coopérative en 1960-61 pour installer sa propre unité de pressurage et élaborer un vin lié à son terroir.

Etiquette Delouvin-Chayoux (noms du papa François et de la maman Brigitte)
Etiquette Delouvin-Chayoux (noms du papa François et de la maman Brigitte)

Son fils a poursuivi et poursuit encore cette activité. Il commercialise environ 25000 bouteilles par an sous la marque Delouvin-Chayoux. Ayant exploité jusqu’à 5,30 ha de vignes, il diminue maintenant à quelques années de la retraite en transmettant de père en filles (Isabelle et sa soeur Christine également vigneronne)...une partie du vignoble.

L’union des deux origines Thévenet et Delouvin aboutit aujourd’hui à un bel assemblage de la rive droite et la rive gauche de la Marne !

La viticulture et l’oenologie : la transmission d’une culture

Au final après cet historique, on a l’intime conviction que la viticulture et l’oenologie constituent une vraie culture, un enseignement transmis de génération en génération. Etre vigneron ne s’improvise pas, il faut une petite surface de terre, une structure pour débuter sereinement, un enseignement spécifique en viticulture et oenologique complété par la présence et l’expérience des générations précédentes. Pour être vigneron, il faut être aussi habité par la passion du travail bien fait, un travail rigoureux rythmé par les saisons. Il faut savoir respecter cette terre, soigner et guider la vigne avec des pratiques culturales raisonnées, presser les raisins délicatement et élaborer un vin de caractère. La passion, le travail et le respect doivent permettre de proposer des cuvées possédant le caractère des parcelles et l’âme du vignoble. Et oui, nous passons beaucoup de notre temps dans nos galipes (terme champenois qui signifie vignes) ! Sous le soleil, sous la pluie, par grand froid, on finit indéniablement à s’attacher à ces ceps. Quelle satisfaction de les voir s’épanouir au printemps, fleurir avant de grossir en fruits !

Des pratiques réfléchies et respectueuses

Pour les préserver et les transmettre en pleine vitalité à la génération suivante, il faut respecter le sol, la vigne et son environnement proche. Aussi depuis plus de 15 ans au sein de notre exploitation, l’observation est de rigueur pour traquer les ennemis de la vigne et réduire autant que faire ce peut l’utilisation des produits de protection. Aussi lorsqu’il faut intervenir, on privilégie les produits les moins nocifs. La fertilisation est adaptée aux besoins de la vigne afin de réduire l’impact de ces pratiques sur l’environnement, tout comme les herbicides qui présentent le risque de se retrouver dans l’eau. L’enherbement permanent voire temporaire remplace aujourd’hui avantageusement les herbicides.

En terme d’élaboration des vins, le pressurage est optimisé grâce à un pressoir pneumatique, les traitements oenologiques sont très raisonnés afin de préserver l’intégralité des qualités des vins. La traçabilité parcellaire complétée par une vinification d’une partie des jus en barriques permettent de sélectionner les meilleurs jus pour l’élaboration de nos cuvées.

Voici toutes les valeurs qu’Isabelle et Xavier commencent à transmettre aujourd’hui à leurs deux filles...pour qu’un jour peut être leur viticulture puisse se poursuivre...